L’histoire d’ARROS (Arros-de-Nay)
Situé sur le canton de NAY-OUEST, au cœur de la plaine entre les collines boisées et le Gave de Pau, le village d'Arros-de-Nay s’étend sur une superficie de 1347 ha. Arros-de-Nay est admisistée par le département des Pyrénées Atlantiques depuis 1969 (auparavant département des Basses Pyrénées depuis 1793). La commune compte environ 300 habitations.
L’altitude varie de 230 m à 421 m, avec 243 m au centre du village.
Sa population est aujourd’hui d’environ 750 habitants. Selon les recensements antérieurs, la commune dénombrait 817 habitants en 1990 et jusqu'à 1170 habitants en 1836.
C’est une des plus grandes superficies communales de la région avec des zones de plaines et des zones vallonnées comprenant un habitat regroupé en son centre et dans les hameaux, dispersé ailleurs. Le plus célèbre des hameaux, celui des Labassères tient son nom de la carrière de pierres dites "les labasses" qui étaient utilisées pour l'édification des ponts, marches, escaliers, et dallages.
Les premières traces du village remontent au XI° siècle cité sous le nom d’ARROSSIUM (lieu ou l’on trouve les rochers).
Au XII° siècle, une famille noble (de Rode, d’Arrode puis d’Arros) qui possédait les seigneuries de Rode,Vauzé et la viguerie de Lembeye pris possession du fief qui devint par la suite ARRODE puis ARROS.
Le 27 Janvier 1932, le Préfet invoquant des méprises administratives consécutives à la pluralité des ARROS dans le département, (ARROS canton de NAY, ARROS canton d'OLORON) décidait d'associer le nom du chef- lieu de canton à celui de la Commune et demandait au Conseil Municipal d'entériner sa décision. Le Conseil de l’époque s'exécuta bien que ce ne fut pas une initiative municipale.
ARROS et ses hameaux jusqu’à BOSDARROS (bois d’Arros), constituait en 1385 l’une des 12 grandes Baronnies du Béarn ; 44 feux (198 habitants)
A la même époque COARRAZE ne comptait que 39 feux et PAU 124 (558 habitants).On comptait un feu pour 4,5 habitants.
LES VILLAGES BEARNAIS EN 1385


En 1549, la Baronnie comptait 46 feux et 207 habitants, pour atteindre 1 000 habitants en 1833, 817 en 1990 et 728 en 1999.
LES MAISONS NOBLES EN 1385

ARROS constituait la septième grande baronnie citée du Béarn.
Cette Baronnie siégeait à la droite du Vicomte.
Elle était puissante et l’une des plus importante par les terres possédées.
L’importance du pigeonnier (privilège des seigneuries), dans la cour intérieure du Château, en est la preuve. Il est le plus large du Béarn avec 8 mètres de diamètre intérieur et plus de 880 boulins (Nichoirs). Les boulins étaient liés aux acres de terres possédées.
Cette baronnie appartint d'abord à la famille d'Arros. Elle passa ensuite, en 1589, par mariage, à la famille de Gontaut-Biron (branche de Salignac et d'Arros) qui la perdit en 1671 au profit de la famille d'Espalungue qui la possédait encore au moment de la Révolution. Aujourd’hui, c’est à nouveau à la famille d’ARROS qu’est retourné ce fief.
Les deux cartes cadastrales ci dessus ont étés éditées en 1827. La première représente le village d'Arros de Nay dans toute son étendue. La carte de droite montre le Bourg et son chateau (d'Espalungue à l'époque).
Extrait modifié de la carte de Cassini de 1815. Le tracé de la voie romaine qui reliait Nay à Rebenacq a été ajouté, ce tracé apparaît sur la version noir et blanc de la carte de Cassini. Elle traversait les coteaux de Nay, passait à Arros par l'actuel pont dit de "Barrère", l'ancien chemin de la Bazie entre les fermes de Cabarry, Plaa et Riupeyrous.
LA FAMILLE d’ARROS est l’une des plus anciennes et des plus illustres du Béarn ; elle était l’une des douze grandes baronnies auxquelles appartenaient le pouvoir souverain de cette province.photo de la carte d'Arros (Arros-de-Nay) 1827
L’histoire de cette antique famille est illustrée à presque toutes les générations par d’éclatants services militaires, avant et au-delà la réunion du Béarn à la couronne de France.
Elle compte dès le XIIème siècle un sénéchal du Béarn ; au XVIème siècle un vice roi de Navarre ; Henri IV professait une estime toute particulière pour son fidèle compagnon et ami, Bernard , Baron d’Arros, lieutenant – général de sa mère, la reine Jeanne d’Abret, qui fut investit des plus grands pouvoirs de régence pendant l’époque troublée des guerres de religion et de la captivité du roi de Navarre à la cour de Médicis, lors de la Saint Barthélémy. Par sa détermination et sa clairvoyance, il s’enferma en 1569 dans Navarrenx, et permis de sauver le Béarn de l’annexion de la France ; quatre capitaines tués aux batailles d’Arques et d’Ivry ; plusieurs lieutenants généraux aux XVIIème et XVIIIème siècle et même un amiral de l’académie royale de la marine au XVIIIème siècle, qui donna son nom à une île des Seychelles.
La branche cadette de la maison d’Arros s’est établie ensuite en Lorraine depuis le commencement du XVIIème siècle, avec Jean VIIIème du nom, conseiller d’honneur d’épée au parlement de Metz, père du lieutenant général Comte Armand d’Arros, troisième aïeul du comte Olivier d’Arros, membre du conseil héraldique de France.
Au XVIII° siècle, Joseph-Philippe-Charles Comte d’Arros, Député de la Meuse et Préfet pendant plus de vingt ans à Bar Le Duc.
Leur résidence était le château de Rougeville près de Metz, abandonné par eux depuis l’annexion pour se fixer à Paris, Versailles, puis à Marseille où ils créèrent à la fin du XIXème siècle, les premières conserveries alimentaires industrielles, avant de revenir se fixer sur le fief historique.
LE CHÂTEAU :
L'entrée
du domaine, fermée par une
monumentale grille de fer forgé, se trouve près
de
l'église actuelle. Situé au milieu d'un parc
magnifique
traversé par un ruisseau (le Luz), le château se
compose
d'un grand corps de logis principal datant du XVle siècle,
de
base rectangulaire et dont la façade principale est
orientée
vers le Sud-Est, auquel ont été adjointes deux
ailes en
équerre (celle du Sud-Ouest, encadrée de deux
tourelles
édifiées sur des vestiges du château
primitif,
date de la fin du XVllle siècle; celle du Nord-Est,
terminée
par une tour d'angle polygonale, fut construite au milieu du XIXe
siècle). Le majestueux corps de logis principal, construit
en
pierre d'un appareil très soigné, comprend un
rez-de-chaussée sur caves et deux étages, le tout
couvert d'une immense toiture d'ardoises à forte pente ; sa
façade principale est très harmonieuse avec, aux
extrémités ses deux portes-fenêtres
à
perron en pierre, et ses dix fenêtres à meneau,
celles
du second étage surmontées de frontons
triangulaires ou
en arc de cercle.
Le Château et les écuries sont inscrits à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 1973.

L'EGLISE (St-Jacques le Majeur) :
Dans cet édifice du XIXe siècle construit en 1835 avec un clocher édifié à l’aplomb du porche d’entrée et une nef de 6 travées décorées par l’architecte Poeyarré, on verra dans le choeur deux tableaux de Léon Subercaze (XIXe siècle) : représentant l'un « La Cène » et l'autre « La Descente de Croix » ;
- dans le bas-côté droit : une partie de retable en bois datant du XVllle siècle.
LES RESSOURCES :
La polyculture et l’élevage y avaient une place de choix ( blé, millet, avoine, maïs (millocq) ) (bovins et ovins en pâturage).
La vigne était placée sur les pentes des coteaux des Artigues, du Hameau ou de Bosdarros.
La forêt constituait également une ressource large.
Pour lutter contre la sécheresse de ces terres argilo-siliceuses de nombreux canaux furent construits au XIX° siècle alentour du village.
Comme son nom l’indique, des carrières de pierres exploitées dès le XVI° siècle firent les beaux jours et la renommée du village pour sa pierre blanche utilisée dans les constructions comme pierres ornementales d’angle et de frontons des édifices Châteaux, Eglises , Monuments ou encore Belles Maisons Béarnaises de la Région.
L’une des plus importantes s’ouvrait à flanc de coteaux sur le Monderey (Mont du Roi). A proximité, à flanc de coteau du Mont du Roi, il reste pour vestige de cette époque active, un four à chaux : on transformait le calcaire en chaux par la chaleur. Comme le montre la photographie ci-dessous la nature est en train de reprendre ses droits.
De même, au hameau des Labassères l’exploitation des Labasses, pierres particulièrement dures, est très utilisées.
Pour mémoire de l'activité des carrières d'Arros de Nay, A. Lucien éditeur (Nay) imprima la carte postale qui est reproduite ci-dessus. Cette représentation illustre l'exploitation des carrières au début du 20e siècle. Malgré des recherches nous n'avons pas pour le moment réussi à dater précisément cette photo (époque 1900), et n'avons pu retrouver l'éditeur de Nay.
Nous sommes à la recherche de toute information ou document susceptible de nous permettre de retracer l'histoire d'Arros-de-Nay, et serons reconnaissant au lecteur de toute information qu'il pourra nous apporter.
La carrière de Bouzom du quartier des Labassères à Arros-de-nay cessa d'être exploitée aprés le premier quart du 20e siècle, l'on y extrayait des dalles qui servait a la cle conduit du four à chaux d'Arros de Nayonstructuion d'ouvrages telles que ponts, dallage de sols, pierres de taille, auges. Elle servait aussi à la construction des murs.
Comme le montre la photographie ci dessus à droite (2009) la carrière existe toujours sur l'ancienne propriété Bouzom mais n'est plus exploitée.
FAITS MARQUANTS, CURIOSITES, LEGENDES ET VESTIGES :
- DESACCORDS ENTRE VILLAGEOIS :
En 1756 alors que les Arrosiens décident de mettre en culture certains de leurs communaux, les paysans de Nay et Bourdettes s’opposèrent car ils ne pouvaient plus exercer sur ces zones leur droit de parcours !
- INSURRECTION :
En 1848, suite à une décision d’imposition extraordinaire de 45 centimes, toute la commune se révolta.
- LE MOULIN ET LE PIGEONNIER DE LA PLAINE :- LE LAVOIR DU MONT DU ROI :
En bordure du chemein des Carrières, prés du Mont du Roi (Mounderey), se trouvait un lavoir qui était trés utilisé par les habitants d'Arros de Nay. (il semble que le lavoir a été trés fréquenté dès la première partie du XXe siècle).
Le lavoir était alimenté par une source naturelle dont la particularité était d'avoir une température d'eau stable autour de 12° celcius en été comme en hiver.
- LES FONTAINES MIRACULEUSES D'ARROS DE NAY :
Dans un champ, près du Château d'Arros, on dit qu’une fontaine des fées (Houn de las Hadas) dite miraculeuse, guérissait de la Coqueluche !

Blason enregistré pour
ARROS
D’or à 5 rustres de sable posés 3 et 2
Nos remerciements à Monsieur Gérard d'Arros pour son aimable participation
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